TURCKHEIM – Eglise Sainte-Anne

Photo : J.Ph.Grille

Jean-André Silbermann

1755

 Il y avait sûrement un orgue à Turckheim au 16ème siècle. En 1671, il fut remplacé par le facteur d’orgues Aebi. Cet orgue fut à son tour réparé en 1726 par Franz Joseph Beyer.

 De nombreux orgues (surtout ceux des abbayes et couvents fermés par le nouveau pouvoir) étant disponibles pendant la Révolution, Turckheim put racheter le 3 novembre 1791 l’orgue Jean-André Silbermann de l’abbaye cistercienne de Pairis, près d’Orbey. Cet instrument, construit en 1755, était le seul « huit pieds » de Silbermann dépourvu de pédale indépendante. Autre singularité pour Jean-André : l’habituelle Doublette de grand-orgue était remplacée ici par une Quarte de Nazard (comme à Ebersmunster par André). Le transfert à Turckheim fut effectué par le facteur Henry ; c’est lui sans doute qui ajouta à cette occasion la pédale indépendante et remplaça la Voix humaine du grand-orgue par un Clairon de 4.

 L’église ayant été reconstruite en 1840, Joseph Callinet fut  appelé pour assurer le transfert de l’orgue ; il profita de cette occasion pour opérer des agrandissements. La transformation fut sévère : l’étendue des claviers passa à cinquante-quatre notes, ce qui suppose le remplacement de l’ensemble des sommiers, et un nouveau récit de quarante-deux notes et sept jeux fut placé dans un buffet à l’arrière. Vers 1890, le facteur Berger de Rouffach exécuta quelques travaux, et en 1953, Ernest Muhleisen ajouta de nouveaux jeux et fit des transformations.

 Mais en 1978 un incendie endommagea gravement l’orgue : le positif fut détruit, les tuyaux en métal de façade ont fondu ;  seul le récit, placé au fond, la boîte étant par chance fermée ce jour là, a été épargné. L’instrument a été reconstruit en 1983 par Alfred Kern. Le buffet du grand-orgue préservé aux deux-tiers (partie centrale et tourelle gauche) a été reconstitué selon le modèle primitif. Le récit fut repris dans son ensemble : c’est celui de Callinet, avec toutefois une Voix Humaine à la place de la Trompette. La pédale fut elle-aussi préservée (fonds de Henry, Ophicléide et Clairon de Callinet). Le diapason est à 440 Hz. Les tailles des tuyaux Silbermann qui n’ont pas été décalés, sont plus  grosses qu’à l’origine

 En 2008, Hubert Brayé a effectué un relevage, avec notamment le traitement des pieds en plomb de Silbermann, corrodés par le tanin du chêne des nouveaux sommiers.

Composition Kern (1983) :

Sous la tourelle centrale se trouve un cartouche sur lequel  on peut lire : « Laudate DoMinum in chorDis et organo, laudate eum in Cymbalis bene sonante Laudate eum in CymbaLis JubIlatIonIs. » En assemblant les lettres majuscules on obtient : MDCCLIII, soit 1753 (découverte de Benoit Dietrich, organiste). Cette date est sinon celle de la construction du buffet, du moins celle de la réalisation des sculptures par Ketterer. En effet, la pose de l’orgue n’eut lieu qu’en 1755 en raison d’un incendie survenu en 1753.
Photo : J.M.Schreiber
Au revers de la façade on distingue des traces de calcination dues à l’incendie de 1978 à coté de parties neuves
Photo : J.M.Schreiber