RIBEAUVILLE – Eglise Saint-Grégoire

photo : J.Ph. Grille

Claude Legros   –   1702

André et Gottfried Silbermann   –   1708

 

Pour remplacer un orgue en nid d’hirondelle posé vers 1500 par Ruppert Eckstetter de Constance, la ville de Ribeauvillé acheta en 1748 l’ancien orgue du Temple-Neuf de Strasbourg. Cet instrument n’était pas d’André Silbermann mais joua un rôle important dans sa carrière. Commandé en 1700 à Friedrich Ring, ce grand instrument de trois claviers complets avait été laissé inachevé par la mort prématurée du facteur. A André Silbermann nouveau venu à Strasbourg on préféra pour l’achèvement de l’ouvrage le facteur messin Claude Legros, qui installa ainsi en 1702 le premier orgue classique français en Alsace. Ce revers décida André Silbermann à partir à Paris de 1704 à 1706, pour se “perfectionner dans le goût français”. Le buffet eut également une grande influence sur la famille Silbermann : André copia le grand corps de Ring (sans les positifs supérieurs) pour son premier orgue, posé au couvent Sainte-Marguerite et le positif de Legros dans plusieurs de ses instruments ; Gottfried introduisit en Saxe les larges tourelles faiblement convexes et Jean-André trouva dans le positif supérieur l’idée de la tourelle tripartite, qui devint pour lui comme une signature. Mais l’orgue Legros, dépourvu de pédale indépendante, était inadapté à l’accompagnement du chant de la première paroisse luthérienne de Strasbourg. Legros ajouta trois jeux de pédale, dont une Bombarde qui écrasait le plein-jeu, mais c’est finalement une pédale neuve de sept jeux qui fut posée en 1708 par André et Gottfried Silbermann.

A Ribeauvillé, l’instrument fut maintes fois remanié, notamment par Callinet en 1824, avant d’être reconstruit en 1984 par Alfred et Daniel Kern, qui lui donnèrent quarante et un jeux sur quatre claviers et pédale. Outre quelques jeux de Legros, il reste quelques tuyaux de Silbermann à la pédale.