NIEDERMORSCHWIHR – Eglise Saint-Gall

Photo : J.Ph.Grille

André Silbermann

1726

Classé au titre des Monuments historiques en 1970 (buffet) et 1993 (partie instrumentale)

L’orgue de l’église paroissiale de Niedermorschwihr  présente un très beau buffet  baroque réalisé par André Silbermann en 1726 pour l’église des Dominicains de Colmar.

Niedermorschwihr saisit l’aubaine d’acquérir ce prestigieux instrument, en même temps que la chaire, lors de la vente comme “Bien National” du mobilier de l’église des Dominicains de Colmar, en 1803. L’instrument fut entreposé dans une grange en attendant la construction de la nouvelle nef, où il fut remonté. Jean-André racontait que, de toutes ses œuvres, cet instrument était le préféré de son père. Le buffet est des plus “classiques français”. Son originalité se trouve dans les grandes jouées, très larges et très ajourées.

Premier orgue construit par André dans le Haut-Rhin, cet instrument contribua à la réputation des Silbermann en Haute-Alsace. Les commandes qui suivirent (cf Wasselonne et Soultz) représentèrent une conséquence évidente du succès et du rayonnement de cet instrument.

  Il y eut une réparation en 1828, mais c’est surtout en 1892 que la mécanique fut sérieusement modifiée par Martin Rinckenbach. Sur vingt-sept jeux d’origine, seuls six ont disparu. Martin Rinckenbach recula le grand-orgue de cinquante centimètres, installa une nouvelle console avec des claviers de cinquante et une notes, un nouveau sommier de pédale et quatre jeux neufs. Il haussa aussi l’orgue au diapason moderne.

    L’orgue perdit ainsi les deux Tierces, la Cymbale de grand-orgue, la Voix humaine et la Trompette de pédale, en échange de quatre jeux neufs, dont le Salicional et la Trompette (“Trombone”) de pédale, qui existent toujours. En 1951 Ernest Mülheisen fit des réparations après les dommages causés par les bombardements de 1944. En 1961 il effectua une restauration partielle en remplaçant cinq jeux, et en baissant les bouches par recoupes des tuyaux.

   Classé au titre des Monuments historiques, remarquablement conservé, cet instrument sonne particulièrement bien, grâce notamment à l’acoustique de l’église.

Un plan classique de la facture Silbermann : la tuyauterie du positif :

on distingue successivement au 1er plan le Cromorne, puis la Fourniture, les Mutations, le Bourdon à cheminée, et enfin le Prestant (Montre) épousant le dessin de la boiserie du buffet

Photo : J.M. Schreiber

Quelques détails de l’instrument pris en avril 2019 à l’occasion des travaux de réfection de l’église, les échafaudages permettant d’approcher des aspects peu visibles à distance

(ensemble des photos : Victor Weller)

Console avec ses claviers de Rinckenbach

Tirants de registres de Rinckenbach

Abrégé – détail   (rencontre de technologies !)

Mécanique de registres (agrémentée d’apports ultérieurs)

Détail du buffet : des décorations empoussiérées et très encrassées

Des images qui démontrent toute la valeur d’un instrument authentique mais aussi la nécessité d’une restauration prochaine…