HESSENHEIM – Eglise Saint-Laurent

photo : JPh Grille

Jean-André Silbermann

1760

Classé au titre des Monuments historiques en 1977 (buffet) et 2010 (partie instrumentale)

 La nef de l’église d’Hessenheim fut entièrement reconstruite de 1858 à 1860. L’ancien orgue, attesté dès 1782, ne fut pas jugé digne d’être remonté dans le nouvel édifice. Le maire fit affaire avec Joseph Stiehr qui lui céda pour 2.905 francs un orgue d’occasion “encore en bon état”, provenant de l’église Saint-Etienne de Rosheim.

Dans cette deuxième église de Rosheim, ville où André Silbermann avait déjà livré un orgue en 1734 pour l’église Saints-Pierre-et-Paul, son fils Jean-André avait installé en juillet 1760 un petit orgue de onze jeux sur un clavier unique. Avec ses trois tourelles reliées par un arrière-corps, le buffet s’inspire de celui posé dès 1739 à Barr, mais il est un peu plus grand, avec une Montre 8 en façade au premier si bémol, des tourelles latérales de sept tuyaux au lieu de cinq et des plates-faces centrées.

En 1860, Stiehr ne se contenta pas de transférer l’instrument à Hessenheim, il le dota d’une pédale indépendante de trois jeux et d’un Salicional 8 au clavier manuel, dont l’étendue fut portée de quarante-neuf à cinquante-quatre notes. Au 20ème siècle, après un relevage confié en 1912 à Edgard Wetzel, les tuyaux de façade furent réquisitionnés en 1917 par les autorités allemandes puis renouvelés en zinc. Vers 1930, la Fourniture de Silbermann fut remplacée, le clavier fut changé, un pédalier de vingt-sept notes ajouté (mais les jeux de pédale gardèrent leur étendue de quinze notes) et la soufflerie fut renouvelée. La maison Kern, de Strasbourg intervint à deux reprises : en 1959, Alfred Kern posa une Doublette et une Fourniture neuves, et en 1998, son fils Daniel posa de nouveaux tuyaux de façade en étain. Mais l’instrument attend encore sa véritable restauration. Outre huit jeux sur les onze d’origine, l’instrument conserve de Silbermann le sommier principal, la très précise mécanique des notes, avec son abrégé en bois pour les basses et en métal pour les dessus, et sa mécanique de tirage des jeux. C’est ce qui lui a valu son classement au titre des Monuments historiques, par arrêté du 14 juin 2010.